
Titre : Les saisons d’un lac
Auteur : Jonathan Hope
Édition : Éditions du Seuil
Parution : Le 13 mars 2026
Nombre de pages : 112
C’est l’histoire d’un lac aux eaux troubles, polluées par la ville. Un lac qui, vu d’en haut, ressemble approximativement à un chien, une licorne galopante ou à une sorcière sur un balai.
Dans ce drôle d’inventaire à la croisée de la littérature et des sciences environnementales,
Jonathan Hope tourne librement autour de ce lac et de ses souvenirs.
Un texte plein d’esprit et de poésie, qui détourne les codes des récits sur la nature pour mieux faire réfléchir à notre manière de mettre en mots le vivant.
« Il n’y a rien de plus anodin, rien de plus banal que ce lac-ci. »
C’est justement ce lac « banal » que Jonathan Hope décide de regarder de près. Saison après saison, il observe ce qui l’entoure : la ville, ses habitants, les transformations du paysage. Le lac devient un point d’ancrage, presque un témoin silencieux de ce qui change — et de ce qui se dégrade.
J’ai été sensible à l’attention portée à la langue. Hope choisit ses mots avec précision, s’attarde sur des détails, essaie de dire au plus juste. Il y a quelque chose de très maîtrisé dans cette écriture, qui ralentit la lecture et oblige à regarder autrement.
Mais ce regard n’est jamais neutre. Il est traversé par une ironie constante, parfois très mordante. Derrière les descriptions, il y a une critique assez nette de notre rapport à la nature : ce qui devrait compter passe au second plan, souvent au profit de logiques plus économiques. Même si, de mon côté, ce sarcasme est parfois un peu trop appuyé, au point de créer une légère distance.
Et c’est là que le texte prend toute sa portée. En partant d’un lac en apparence ordinaire, Hope fait apparaître ce qui ne l’est pas : des équilibres fragiles, des détails qu’on ne voit plus, et, en creux, notre responsabilité face à ce qui disparaît peu à peu.
Un texte court, qui observe un lac… et tout ce qu’on préfère ne pas voir.
Ma note : 08 / 10
Lecture terminée le 24 avril 2026