
Titre : Alaska
Autrice : Melinda Moustakis
Édition : Gallmeister
Titre original : Bear Down Bear North
traductrice : Laura Derajinski
Parution : Le 2 octobre 2014
Nombre de pages : 216
Dès l’enfance, ici, on semble rompu Ă la survie. Dans cette famille de pionniers en Alaska, on ne pleurniche pas – trois gĂ©nĂ©rations s’entrecroisent pour le prouver. PĂŞcheuses, pĂŞcheurs, trappeurs, trappeuses, chasseurs ou chassĂ©es, la force des liens se mesure au courage, Ă la capacitĂ© de tenir la bouteille ou d’encaisser les coups et au don pour raconter des histoires. Tous ont appris très tĂ´t que les bananes portent la poisse sur les bateaux, c’est l’oncle qui le dit. On sait que les hameçons vont se ficher partout quand on les lance, un mannequin Ă l’hĂ´pital peut en tĂ©moigner. MĂŞme les poissons dans ces rĂ©cits semblent parler tant ils sont vivants, tant ils se battent, eux aussi, contre les Ă©lĂ©ments.
Dans chaque histoire de ce premier ouvrage magistral, Melinda Moustakis donne à voir des paysages d’une rudesse que seule la beauté de l’Alaska peut atténuer, et des personnages que seuls le rire, la famille et les histoires peuvent apaiser.
Première lecture de l’annĂ©e et première lecture pour le Challenge #1mois1paysenlivre . Pour ce mois de janvier, j’ai choisi de partir visiter l’Alaska, alors ce titre s’est rapidement imposĂ© Ă moi Ă©tant chez Gallmeister.
Ce n’est pas un roman, ce n’est pas un recueil de nouvelles… Non, Melinda Moustakis a construit son livre en nous offrant des moments de vie, des chroniques, des petites histoires et des scènettes se passants toutes au bord de la rivière Kenai en Alaska, cet Ă©tat tout au Nord.
On dĂ©couvre, sans suivre une ligne temporelle prĂ©cise, une famille… Enfin, surtout les enfants, frères, soeurs, cousins, cousines… Et c’est Ă eux que l’on va s’attacher, un peu par pitiĂ© je dois l’avouer. Car, il faut se le dire, le climat en Alaska est rude, il fait froid et cela transpire Ă chaque page. La nature n’est pas la plus rassurante non plus, un grizzly n’est jamais très loin. Mais plus que le froid ou les bĂŞtes sauvages, c’est la duretĂ© des adultes qui m’a marquĂ©.
C’est une histoire sur la survie, survivre au froid, survivre aux ours, survivre aux coups de ceintures… Mais c’est une histoire aussi de dĂ©termination, car tous ces enfants que l’on suit Ă travers les pages, en font preuve de beaucoup. J’ai aimĂ© les voir Ă©voluer les uns et les autres et pour quelques uns voir ce qu’ils sont devenus adultes… Peut-ĂŞtre pas si diffĂ©rents de leurs parents d’ailleurs.
Melinda Moustakis nous offre Ă©galement un grand livre de Nature Writing, j’ai complètement voyagĂ© sur les rives de la Kenai, je me suis vu pĂ©cher le saumon (d’ailleurs attention aux hameçons…), je me suis vu observer les Ă©lans ou encore partir en traineau avec une bande de malamutes. Je voulais voyager avec ma première lecture et bien cela est rĂ©ussi.
Une baleine. On se prĂ©cipite sur le pont. Une baleine Ă bosse jaillit de l’eau, pivote dans les airs, ses nageoires blanches dressĂ©es vers le ciel, son dos gris s’Ă©crasant dans les vagues. Mes oncles hurlent et renversent leur bière sur nous, massĂ©s autour. Une autre baleine sort de l’eau, s’Ă©lève de sous le bateau, le ventre Ă portĂ©e de nos mains, près du bastingage. On se recroqueville tous, je m’accroche Ă la capuche du manteau de ma mère. Mais elle tend le bras, s’Ă©tire et caresse le ventre blanc de la baleine qui retombe, qui l’Ă©clabousse et la trempe. Mes oncles rĂ©cupèrent les canettes de bière flottant Ă la surface, celles qu’ils ont jetĂ©es par-dessus bord dans leur joie.
Ma note : 09 / 10
Lecture terminée le 2 janvier 2024