
Titre : Ourse Bleue
Autrice : Virginia Pesemapeo Bordeleau
Édition : Depaysage
Parution : Le 24 mai 2024
Nombre de pages : 240
Partir, c’est mourir un peu. Ou renaître absolument.
Depuis des semaines, d’étranges songes habitent les nuits de Victoria. Il lui faut revenir chez elle pour faire la paix avec son âme et libérer celle de son aïeul, un chasseur disparu en forêt cinquante ans auparavant. Avec l’aide des siens, guidée par un vieux chaman aveugle, Victoria suit les traces laissées jadis par son clan, au cœur d’un territoire, le nord de l’Abitibi, où humains et non-humains vivent en harmonie. Une quête âpre, qui mènera la « Fille du Pont » aux frontières du monde des esprits.
Dans une langue délicate, souvent poétique, cette odyssée boréale rend un vibrant hommage à une culture millénaire, celle des Cris de la baie James.
Je rêve.
Mes pas… Non, mes pattes m’amènent près de la rivière. Je me penche au-dessus de l’eau. Vois mon reflet. Un ours, je suis un ours… Un peu surpris, un peu paniqué, je regarde autour de moi. Un arbre, un arbre majestueux, beaucoup de branches et de ramifications.
Soudain, ça gronde… Un vacarme assourdissant… L’eau arrive. L’eau submerge tout.
Je me mets à courir sans m’arrêter, sans me retourner… Je grimpe, toujours plus haut. Enfin, je m’arrête, j’observe… Plus d’arbre… Plus de rivière… Seulement une étendue d’eau…
Dans le ciel, une corneille croasse « c’était l’arbre des Domind’s ».
Les Eeyou, ou Cris de la baie James, sont un peuple autochtone du nord du Québec dont le territoire traditionnel, Eeyou Istchee, s’étend autour de la baie James et de la baie d’Hudson. Leur culture est profondément liée à la forêt boréale, à la chasse, à la pêche et au piégeage, ainsi qu’à une relation spirituelle et respectueuse avec le territoire.
En ce moment je suis particulièrement attiré par les romans et les récits mettant en lumière les Premières Nations et leurs cultures. Ici, dans Ourse bleue, j’ai découvert les Eeyou, un peuple Cri.
Victoria suit les traces de son clan et avec elle nous découvrons une culture ancestrale, un lien psychique avec la terre et les animaux.
Une fois encore, on se rend compte des maux du peuple autochtone, des maux causés par les blancs. Pourtant, aucune accusation, aucune colère dans ce roman. Un constat, de la résilience, une croyance absolue dans les liens du sang et envers la Terre.
J’ai suivi la « fille du pont » dans son voyage, à travers ses rêves, à la découverte de ses dons, de son clan et de son animal totem, l’Ourse Bleue.
Lu pour le thème de juillet du défi organisé par @jelisautochtone
Ma note : 10 / 10
Lecture terminée le 30 juillet 2026