La Rivière

Les aurores boréales étaient suspendues sur l’horizon au nord et pulsaient, se dilataient comme la lave d’un volcan, s’étiraient en teintes roses et violettes; il n’avait jamais entendu dire qu’elles pouvaient avoir ces couleurs.

Tellement merci de m’avoir encouragé à lire ce roman… Il y avait longtemps que je n’avais pas ressenti cela, des émotions à chaque pages, de la tension, de l’émerveillement, une Nature parfaitement décrite par Peter Heller… Certainement ma meilleure lecture de cette année !

Voilà ce qu’il aimait dans la poésie : elle faisait en quelques secondes ce qu’un roman faisait en plusieurs jours. Un tableau pouvait avoir le même effet, et une sculpture. Mais des fois, on a envie que ça dure des jours et des jours.

Cette rivière, je l’ai descendue en compagnie de Jack et de Wynn, j’ai pagayé à leur rythme, j’ai bivouaqué avec eux, j’ai senti le froid, la fumé, la chaleur du feu tout comme eux, j’ai entendu les nuées d’oiseaux dans le ciel, j’ai observé les petites truites nageant entre les rochers et bien sûr j’ai vu les ours et les caribous… Une lecture en complète immersion.

Ce n’était pas le pire des endroits où revivre tout le temps la même chose, avec les bouleaux en train de jaunir, le lever du jour noyant le lac de bleu, les hautes herbes et les épilobes aux infinies nuances de rose. Un endroit où revenir, auquel se nourrir, comme Cézanne à sa montagne.

Ici ce n’est pas Délivrance de James Dickey avec des télescopages et des personnages non attachants… Je me suis attaché aux deux garçons, j’ai apprécié cette amitié qui les lie et qui résiste malgré les épreuves. Une vrai belle et précieuse amitié… Comme je le disais, il y a de la tension, par moment c’est même angoissant, pourtant, c’est magnifiquement contrebalancé par les mots et la poésie de Peter Heller, j’ai adoré !

C’était la mi-août et la petite rivière était basse et verte sur les myriades de couleurs des pierres. Elle coulait tranquillement dans les plats et dans les petits rapides, elle s’échappait avec la liberté capricieuse d’un homme à cheval en train de siffloter.

Lecture terminée le 7 décembre 2025


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