Le garçon venu de la mer

Nous étions un peuple résilient, nous avions grandi face à l’Atlantique. Quelques milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui s’accrochaient à la côte et essayaient de ne pas se faire mouiller. Notre ville n’était pas juste une ville, c’était une logique et un destin. Nous n’ignorions pas qu’il y avait des lieux plus cléments et agréables, nous les voyions à la télévision, mais ils semblaient mièvres en comparaison.

Histoire d’un comté, histoire d’une communauté, histoire d’une famille… « Le garçon venu de la mer » a été adopté par Ambrose et Christine, et nous lecteurs sommes invités par ces Irlandais, par ces habitants du Donegal et par cette terre à ne plus être seulement des lecteurs curieux, pour devenir des témoins, des spectateurs d’un mode de vie puis d’un changement, d’une évolution inéluctable vers une modernité qui n’apporte pas que du bon.

Il va nous falloir remettre les choses dans le bon ordre. Il va vous falloir apprendre comment Ambrose était venu vivre dans cette ville et comment il était parvenu à s’y intégrer.

Le « nous » dans ce roman amène à percevoir la communauté comme un ensemble indissociable. Chaque évènement n’est pas personnel, il a un impact sur toute la communauté. Comme un matin de 1973, où un bébé est retrouvé sur la plage. Respect et solidarité sont des valeurs qui sont naturellement encrées dans ces habitants et qui malgré les différents ressurgissent dès qu’un membre de la communauté en a besoin.

C’est une lecture qui m’a en quelque sorte perturbé. C’est un sentiment un peu particulier, il y a cette communauté, il y a cette terre belle et sauvage avec ses falaises, ses plages et ses landes. Et évidemment, il y a la mer… Des grands espaces. Pourtant, pendant toute ma lecture, j’ai ressenti une sorte d’oppression, de huis clos, comme si j’étais enfermé dans une cabine de chalutier. Au final, je pense que Garrett Carr a voulu nous faire ressentir l’enfermement ressenti par chacun des habitants du Donegal, faire parti de la communauté et de cette terre est comme une sorte de fatalité.

Chacune des mouettes du soir tournoyait au-dessus des chalutiers qui rentraient au port, et le soleil d’un orange ardent s’enfonçait dans la mer, nous permettant de comprendre notre place sur cette terre ronde. Nous aimions ce sentiment, nous le savourions, mais nous ne nous étendions pas dessus. Les vents de l’Atlantique avaient chassé nos mots, et nous avions appris à nous en passer.

J’ai aimé suivre cette famille, celle du « garçon venu de la mer », qui beaucoup plus que l’histoire d’un seul enfant, est l’Histoire avec un grand H de toute une communauté.

Lecture terminée le 30 août 2025


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