
Titre : Le visage de la nuit
Autrice : Cécile Coulon
Édition : L’Iconoclaste
Parution : Le 8 janvier 2026
Nombre de pages : 276
Depuis qu’il a survécu à une fièvre mortelle, personne n’a vu son visage. Chaque nuit, l’enfant quitte le presbytère où il a été recueilli et s’enfonce dans les bois. Sous la lune, la forêt devient son territoire. Cette vie clandestine le protège du regard des autres.
Alors qu’il entre dans l’adolescence, une jeune fille apparaît parmi les arbres. Elle ne ressemble en rien aux habitants de ce village perdu, hanté par des haines ancestrales. Mais elle aussi porte un secret et rêve d’échapper à l’avenir qui lui est promis.
Le Visage de la nuit est un roman éblouissant, traversé d’éclairs sur l’adolescence, la violence et le désir.
Vous vivrez, mais vous vivrez en monstre. Ne craignez pas ce mot, il ne dit rien de ce que vous êtes, il dit seulement ce que les hommes penseront de vous s’ils vous voient. Et les hommes, capables du meilleur et du pire, craignent le monstre quand il ne vit pas en eux.
Une seule route et tout au bout Fond du Puits, village d’on ne sait où, une ancienne école, une rivière, une forêt et l’église en surplomb. Mystérieux village, dans lequel vit l’enfant. Enfant caché, enfant monstre, enfant sauvage…
Il regardait la lumière changer, effleurer les arbres et trancher les collines, il s’imaginait des rencontres, des batailles, des histoires, il se racontait qu’un peuple fait d’hommes et de femmes comme lui vivait sous la terre et que là où des fleurs poussaient ce peuple était joyeux, et là où le sol était dévasté ce peuple se lamentait.
Ce roman de Cécile Coulon est marqué par l’opposition. Est-ce un conte ou une tragédie ? Le jour contre la nuit ? La laideur s’oppose à la beauté. C’est un roman qui parle de la différence et de ce qui se cache au plus profond de chacun de nous. Cécile Coulon envoute par son écriture, elle nous aide à dompter les ténèbres pour que la nuit devienne un refuge, que la nuit devienne un lieu, celui de l’acceptation de l’autre, celui où la vie est après la mort, celui où les ombres ne font plus peur.
Nous sommes des êtres de désir et selon où chacun place son désir la vie est une merveille ou une abomination.
Une fois de plus, ici, la Nature appelle, instruit et panse. Les forêts, les rivières, la lune, les animaux, les buissons et les pierres émerveillent, rassurent, protègent l’enfant. Il y a de la poésie dans ce livre à l’atmosphère pesante. C’est assez surprenant de dire ça, met il y a beaucoup de silence dans ce roman. Ils apportent une certaine tension et participent à faire en sorte que cette lecture nous touche. Cécile Coulon, nous raconte cette histoire, sans chercher à y injecter une morale. À nous lecteur de nous laisser porter !
Ma note : 08 / 10
Lecture terminée le 7 février 2026