
Titre : Les Semeuses
Autrice : Diane Wilson
Édition : Rue de l’Échiquier
Titre original : The Seed Keeper
Traducteur : Nino S. Dufour
Parution : Le 22 mars 2024
Nombre de pages : 384
Minnesota, années 1970. Rosalie Iron Wing grandit dans les bois avec son père, qui lui raconte des histoires de plantes et d’étoiles issues de leurs origines dakhóta. Mais un jour, il ne rentre pas à la maison. Âgée de douze ans, Rosalie est confiée à une famille d’accueil blanche.
Bien des années plus tard, Rosalie retourne sur les lieux de son enfance et renoue avec un passé enfoui et des traditions oubliées. Au fil des pages, son destin s’entremêle à celui de trois autres femmes dakhóta : Gaby, son amie d’adolescence ; Darlene Kills Deer, sa grand-tante ; et Mary Blackbird, chassée de ses terres dans les années 1860. Descendantes de lignées brisées par le colonialisme, ces quatre femmes à l’âme d’acier se révèlent liées par la culture des graines – un savoir-faire transmis de génération en génération. Car ces graines sont autant de promesses d’espoir et de vie renouvelées, malgré la misère, l’injustice et les deuils.
Diane Wilson puise dans la mémoire blessée de ses ancêtres pour livrer le portrait sensible de personnages puissants et d’un peuple qui n’a jamais cessé de résister.
Dans chaque récipient, j’ai placé une unique graine après l’avoir humectée dans ma bouche. Ça la réveille, tu vois, ça dit à la graine que son sommeil touche à sa fin. C’est la salive qui nous réunit.
Ce livre, c’est comme une graine mise en terre. Une graine qui se serait mise en dormance. Elle aurait écouté le chant du monde et les pas des hommes en enfouissant en elle la mémoire du vivant. Ce livre, est comme une radicule qui se nourrissant de l’eau tombée du ciel et du sang des hommes s’est mise à germer, à sortir de terre et à s’épanouir pour nous raconter son histoire.
J’ai une histoire à vous raconter. Je vous demande d’ouvrir votre cœur pour m’écouter.
Cette histoire, c’est celle du peuple Dakhóta, mais elle aurait pu également être celle de la tribu Sioux Mdewakanton dont est originaire Diane Wilson ou encore celle de tous les peuples autochtones asservis par les blancs. Cette histoire est celle d’un peuple fier, d’un peuple blessé et d’un peuple qui résiste pour transmettre. Oui, c’est une histoire de transmission. Transmission d’un sachet de graines de génération en génération, transmission d’un savoir, d’une culture et d’un espoir.
Un jour je t’emmènerai écouter l’un des conteurs traditionnels qui transmettent toute l’histoire de la créations des Dakhóta, celle qu’on raconte quand la neige couvre le sol.
Cette histoire qui m’a été transmise par une amoureuse des graines et de la Nature, je l’ai également transmise à une personne que je chéris. C’est tout un symbole, car mon grand-père a transmis à cette même personne son savoir de la culture de la terre et non pas un sachet, mais des petites boîtes rondes – qui à l’origine servaient pour son savon à barbe – remplies de graines.
Où que je regarde, je voyais les graines tenir la trame du monde. Elles peuplaient des forêts, couvraient les près de fleurs sauvages, germaient dans les brèches des trottoirs ou restaient en sommeil jusqu’à ce qu’advienne le moment tant attendu, signalé par le feu, la pluie ou la chaleur.
Ma note : 10 / 10
Lecture terminée le 17 juillet 2025