Louve en juillet

Je ne comprendrai jamais celui ou celle qui tue, un beau matin, un coyote, un chien, un loup, ou leurs bébés de sang mêlés. C’est juste criminel. Même famille. Une viande qu’on ne mangera pas. Un animal qui survivrait, pourtant, si laissé libre. Une bête intelligente, qui sauve des vies, retrouve les siens. Qui rééquilibre à elle seule, les écosystèmes.

Gabrielle, si tu me le permets, en guise de chronique, j’aimerais m’adresser à toi. J’ai envie de te dire à quel point tes mots m’ont touchés, à quel point ton histoire m’a bouleversé et surtout j’ai envie de te dire merci pour ce partage sauvage, intense, ce partage qui aide à guérir.

Lire ton histoire avec ta chienne Séquoia, m’a ramené à mon histoire personnelle avec ma chienne, elle s’appelait Massilia. Tout comme toi, je l’ai sauvé d’un funeste destin. Cette chienne a passé une dizaine d’années près de moi, je me rappelle m’accroupir à ses côtés, la prendre dans mes bras, mes mains dans son poil, elle était mon refuge, ma confidente. Et même si dorénavant, j’ai fait le choix de ne plus posséder d’animaux, je comprends ce qu’ils peuvent représenter pour nous.

Je te désire depuis l’enfance, tu le sens ? J’attendais le magnifique, l’insolite amour qui me ferait l’effet des séquoias de la Calif, ces arbres géants de plus de mille ans.

Gabrielle, ton récit m’a retourné le cœur, j’ai pleuré, souvent… J’ai souri de votre complicité… J’ai applaudi lorsque vous arriviez à fuir les prédateurs. Il a dû t’en falloir du courage pour coucher tes mots sur le papier et pour les publier. Survie, relation toxique, fuite, maternité, -re-construction, grâce à ta plume toujours autant poétique, tu clames ton amour pour ta chienne-louve.

Gabrielle, ton texte est comme une sorte de cri, de manifeste pour la liberté, pour l’égalité, pour le respect, pour l’Amour. Ton texte, c’est une déclaration d’amour à ta chienne Séquoia, et également à ta Fleur, à la Forêt et à la Nature.

Autant dire Sa Majesté la reine de sang et d’os. Là où les orignaux au vaste panache foulent la neige, marquent les écorces, cueillent les barbes de lichens aux branches. Là où sont juchés tant d’oiseaux, qu’on piétine sans cesse de petites tragédies au sol : coquilles d’oeufs vert menthe, gris pivelé, ou d’un blanc qui tend vers l’orange. Kamouraska, siège de la prédation à flanc de montagne où l’on devine la taille des cougars en posant la main dans leurs traces immenses.

Gabrielle, merci pour ce magnifique hommage. Merci pour les émotions ressenties. Merci pour ce petit livre qui restera gravé dans mon cœur et que je relirai certainement.

Lecture terminée le 23 septembre 2025


Laisser un commentaire