
Titre : Le radeau des étoiles
Auteur : Andrew J. Graff
Édition : Gallmeister
Titre original : Raft of Stars
Traductrice : Laure Manceau
Parution : Le 1er septembre 2022
Nombre de pages : 384
“Merci de dire au shérif que Fish voulait pas tuer mon père. Mon père est chez nous dans la cuisine, par terre près de la table. Il est mort.” Inséparables, Bread et Fish ont dix ans et passent leur été dans la poussière des champs du Wisconsin. Ils vivraient dans une parfaite insouciance, sans la figure violente du père de Bread qui terrorise le garçon. Un jour, au comble du désespoir, Fish décide de protéger son ami : un coup de revolver, et les gamins s’enfuient se croyant meurtriers. Ils se hâtent de rassembler du matériel, des provisions, et s’enfoncent dans l’immense forêt voisine. Construire un radeau, promesse de liberté, les expose immédiatement aux dangers réels de la traversée. Pendant ce temps, le grand-père de Fish et le shérif se lancent à leur recherche. Chacun devra faire son propre voyage en pleine nature pour affronter ses doutes et secourir les plus vulnérables.
À la manière des aventures de Tom Sawyer et Huckleberry Finn, Le Radeau des étoiles est une ode à l’amitié et à la liberté.
J’écris et je poste ma chronique près de 2 ans après avoir lu ce roman. Cela me semble intéressant, vu que je viens de lire le second roman d’Andrew J. Graff.
Quelle est la limite à l’amitié ? Jusqu’à où sommes nous prêt à aller pour notre meilleur(e) ami(e) ? Bread et Fish sont liés par une amitié indéfectible, ils ont dix ans mais pas insouciants. La violence fait déjà parti de leur vie et est matérialisée par le père de Bread. Et c’est là que Fish va répondre à mes deux questions… Aucune limite, il est prêt à tout pour son meilleur ami son « frère de sang ». Il tire sur le père, ils s’enfuient à travers les champs, puis la forêt, leur aventure commence.
Impossible en lisant ce livre de ne pas penser à Tom Sawyer et à Hucklebbery Finn, les deux garçons de Mark Twain, à ce sentiment de liberté qu’ils ont ressenti à travers leurs aventures. La liberté, c’est également ce que vont ressentir nos deux complices, pourtant, la Nature malgré le fait qu’elle soit belle et qu’elle apporte le sentiment d’être à l’abri, cachés, recèle mystères et menaces.
Le radeau des étoiles, c’est donc l’histoire d’une fuite, celle des deux garçons qui vont même jusqu’à construire leur propre radeau pour naviguer sur la rivière. C’est aussi celle des deux duos partis à leur recherche. Le grand-père de Fish et le shérif d’un côté, de l’autre, la mère de Fish et Tiffany travaillant dans une station service, écrivant des poèmes et amoureuse du shérif. Nous avons donc trois duos que nous suivons à travers les bois et le long de la rivière. Pour chacun d’eux, cette aventure va être un voyage personnel, qui suis-je ? Qu’est-ce que j’apporte, je transmet autour de moi ? Quelle est ma place dans ce monde ? Au final, des questions que l’on se pose tous à un moment de nos vies.
Le radeau, la rivière, les arbres, les rochers… La Nature, nous y sommes plongé, c’est beau. C’est une lecture qui fait du bien, c’est une lecture pleine de poésie, c’est une lecture sur l’enfance, c’est une lecture sur l’amitié. Un hommage respectueux à la Nature et au Vivant.
Le soleil s’était couché, et les lucioles commençaient à s’élever au-dessus de l’herbe, à flotter parmi les pommiers, parlant sans bruit des choses que les lucioles ont à se dire.
Tiffany songea qu’elle n’avait pas dormi depuis longtemps. Le remous rythmé de l’eau semblait mettre de l’ordre en toute chose, et elle eut le sentiment étrange d’être exactement à l’endroit où elle était censée être à ce moment précis, flottant sur une rivière à la belle étoile sur une planète qui flottait dans l’espace. Ça lui donnait l’impression d’être une gamine, émerveillée et rêveuse face à un feu de camp.
Les étoiles brillaient d’un éclat intense dans l’immensité du ciel. Tiffany identifia la Grande Ourse et la Petite Ourse, la mère et son petit se tournant autour dans toute cette obscurité, toute cette lumière.
Ça ressemblait beaucoup à l’amitié qui l’unissait à Bread depuis qu’il passait l’été à la ferme de son grand-père. Fish était une mèche et Bread l’allumette, à moins que ce soit l’inverse.
Ma note : 10 / 10
Lecture terminée le 18 septembre 2022
Une réflexion sur “Le radeau des étoiles”