
Titre : Dead Stars
Auteur : Benjamin Whitmer
Édition : Gallmeister
Titre original : Dead Stars
Traducteur : Jacques Mailhos
Parution : Le 4 avril 2024
Nombre de pages : 592
Colorado, 1986. Dominée par l’entreprise Stonewall et son usine de plutonium, Plainview est une company town, une ville ouvrière sinistre totalement dépendante de son unique employeur. C’est là que vit Hack Turner, un col bleu, avec ses enfants : sa fille Nat, âgée de dix-sept ans, et son fils Randy, qui en a quatorze. Un soir où Hack est absent, Nat appelle son père pour le prévenir que Randy a disparu. Suivent trois jours de recherches éperdue durant lesquels les Turner ne pourront guère compter sur le soutien des habitants de Plainview. L’ombre du grand-père plane sur la ville depuis des décennies, et Hack, pour avoir révélé des informations compromettantes sur son employeur, s’est mis à dos une grande partie de la population. Pour tout le monde, dire la vérité sur les failles de la sécurité nucléaire, c’est fragiliser les fondations d’une ville construite de toutes pièces au service d’une cause peu louable.
Le nouveau roman de Benjamin Whitmer raconte la quête frénétique d’un père à la recherche de son enfant dans une ville transformée en prison à ciel ouvert.
Qu’est-ce qu’il vient de m’arriver ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Je tourne la dernière page de ce livre et j’ai l’impression de m’être fait rouler dessus par un tracteur Caterpillar, et que non content de m’être passer dessus, il y a un vieux type avec un air patibulaire qui enclenche la marche arrière et qui en remet une couche, puis une autre…
Presque quatre ans que j’attendais avec impatience un nouveau Benjamin Whitmer et bien, je peux dire que ça valait le coup d’attendre. Quelle claque que je viens de me prendre, quel roman que nous offre ce maître du noir absolu.
Vous voyez la scène culte du film non moins culte American History X ? Et bien dans Dead Stars, cette scène, j’ai eu l’impression de la vivre plusieurs fois. Au point même d’avoir un mouvement de recul de mon livre. C’est horriblement bien écrit. Benjamin Whitmer fait ressortir les côtés les plus obscurs de ses personnages, il les pousses tellement loin dans une sorte de violence gratuite et irraisonnée.
On pourrait se dire qu’il n’y a aucune once de lumière ou d’espoir dans ce roman… Pourtant si on écoute Oliver Gallmeister, il y a toujours de la lumière, toujours (sauf dans un seul roman selon lui)… Je me suis donc posé la question où je pourrais la trouver ici. Au final, je l’ai trouvé chez une jeune femme au prénom de la saison pendant laquelle les feuilles tombent. Je l’ai trouvé de manière inattendue chez un shérif bourru aux bottes de cowboy rouges. J’ai même fini par la trouver à la toute fin avec Nat.
Un fils disparu, la chronique d’une ville usine, le plutonium et les radiations, l’image de cette Amérique brutale et malade… Tout cela est prétexte à la résurgence d’une haine implacable qui ravage tout et tout le monde. C’est dans cet exercice qu’excelle Benjamin Whitmer et là, il nous offre un très grand roman.
Mention spéciale pour les références à ses précédents romans, Évasion et Les Dynamiteurs.
Ma note : 10 / 10
Lecture terminée le 21 mai 2024