Sauver cette terre

J’ai lu il y a quelques années le premier roman de Michael Farris Smith, Nulle part sur la terre, je n’avais pas été emballé tant que cela. Le voir débarqué chez Gallmeister m’ayant surpris j’ai décidé de tenter une nouvelle fois.

Bon, je vais aller droit au but, cette lecture, je l’ai vécu avec une sorte de détachement… Je n’ai pas réussi à réellement entrer dans cette histoire. Je n’ai d’ailleurs pas tout compris. Même les personnages m’ont semblé étrangers. Hormis Wade et Oron, le père et le vieux. Ces deux là, je m’y suis attaché. J’ai aimé le côté torturé de Wade et le côté bourru mais vrai d’Oron.

Je suis passé complètement à côté du thème de la religion, j’ai trouvé ça très alambiqué, et je n’ai vraiment pas saisi le pourquoi du comment. Pourquoi cette chasse à l’homme. Je m’attendais à vivre l’histoire de la fuite de Jessie pour échapper à une secte, mais au final ce n’est pas ce que j’ai lu. Une fuite, oui, mais pour se protéger d’une sorte de folie meurtrière dont je n’ai pas compris les tenants et les aboutissants.

Après, tout n’est pas négatif. Je disais que j’avais bien aimé Wade, et effectivement, c’est un personnage qui m’a marqué et touché. Un homme plein de démons et torturé. La relation avec sa fille Jessie est vraiment intéressante. Quand deux personnes identiques ne savent pas se parler et ne se comprennent pas, c’est un peu cela que j’ai ressenti avec ces deux là. J’ai bien aimé la manière qu’ils ont tous les deux de faire chacun un pas vers l’autre. Cette relation est vraiment touchante.

– Papa ?
Quelque chose en lui bascula. Un grand chavirement de son âme.
– Papa ?
Quand il voulut répondre, il prit conscience qu’il avait le souffle coupé et revit le pied minuscule de sa fille dans sa paume burinée, les grands yeux bleus émerveillés de sa fille qui agrippait son pouce et, s’il n’avait entendu un vague grondement en provenance de l’orage qui s’éloignait, il aurait lâché le combiné et se serait effondré par terre, mais le tonnerre lui restitua son souffle ainsi que son cerveau, et il parvint à répondre à sa fille.
– Jessie.

Un autre point positif malgré tout, c’est l’ambiance que crée Michael Farris Smith, les ouragans, la pluie, les terres dévastées… Pour le coup, cela donne une sorte de noirceur et de puissance à ce roman, même si cela reste un peu trop au second plan pour moi. Mais cela donne une sorte de détresse et de résignation pour les habitants qui comme Oron ne fuient pas, mais restent accrochés à cette terre qui est la leur.

Lecture terminée le 8 mars 2024


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